Land Of The Free — The Killers : une histoire d’immigration, de liberté et de privilèges

Extrait du clip des Killers « Land of the Free » réalisé par Spike Lee

2019 commence très fort musicalement. J’ai vu pas mal de sorties très agréables, des annonces d’albums et l’émergence de nouveaux et nouvelles artistes. En parallèle, dans ma vie ce n’était pas 100% la joie. La vie étant complexe, je suis consciente que j’ai de la chance comparé à bien d’autres. Et lorsque je me débats avec mes propres soucis mentaux, je n’en oublie pas la misère de l’Autre. Ce mois de janvier a été éprouvant.

Je fais le choix pour ce premier article de 2019 de partager l’histoire d’autres personnes. Il m’est impossible de fermer les yeux sur le malheur des autres. Et combien même je galère à trouver ma voie dans la vie, cela m’apporte de la joie de faire ce que je peux pour aider l’Autre. Cela me permet de me connecter au monde, autrement, je ne vois pas l’intérêt de vivre. Oui, c’est aussi une démarche égoïste car je me sens bien de savoir que je fais quelque chose de positif.

Je suis contente de réussir à reprendre la plume pour vous partager cette chanson du groupe The Killers :

Date de sortie : 14 janvier 2019

RollingStone a écrit un article complet où Brandon Flowers, leader de The Killers, explique ce qui l’a inspiré pour ce morceau. Plutôt que de répéter la même chose, je vous invite à le lire pour découvrir le contexte.

Quelques infos techniques

La moitié du groupe a composé Land Of The Free, en l’occurrence Brandon Flowers et Ronnie Vannucci Jr. (batterie). Dave Keuning (guitare) et Mark Stoermer (basse) sont en quelque sorte en pause pour se consacrer à leurs activités en solo.

Flowers a coécrit avec Mahalia Jackson les paroles et pour remplacer les absents, c’est Jacknife Lee qu’on retrouve à la guitare, basse et clavier. Lee a notamment collaboré avec le groupe auparavant sur l’album Wonderful Wonderful.


Lire les paroles sur Genius


Land Of The Free est au premier abord un morceau peu susceptible de vous marquer. Le début est très doux et vous fera probablement lever les yeux au ciel « encore une chanson pour faire chialer dans les chaumières ! »

Si vous arrivez à passer outre votre cynisme et que vous vous laissez transporter par la mélodie, peut-être serez-vous aussi émue que moi. Les chœurs au refrain, la voix sincère du chanteur et la ligne d’accroche qui se répète : « I’m standing, crying » – sont autant d’éléments sobres et puissants.

Les paroles, comme souvent avec Flowers, brossent en peu de mots différents tableaux. Le premier couplet dénonce le fameux cliché de la réussite aux États-Unis qui passe invariablement par un travail. Et également mentionné le fait que tous viennent de familles immigrées.

Le second couplet montre que ce même homme « intégré » bénéficie de privilège s’il n’est pas racisé. Car c’est bien un privilège le simple fait de pouvoir sortir de sa voiture sans vérifier derrière soi que personne ne va vous arrêter. Autre thème évoqué : la prison est devenue un business lucratif dont les minorités sont les principales victimes.

Le troisième et dernier couplet aborde les meurtres et les deuils, le problème des armes à feu, la construction du mur à la frontière. Pour conclure par « ce sont juste des personnes qui veulent les mêmes choses que nous. » Tout en sachant que les États-Unis sont une nation d’immigré•e•s.

Pour aller plus loin

J’aimerai finir avec quelques conseils de lecture et d’écoute toujours sur le thème de l’immigration et de la liberté :

  • Sur Amnesty International, le directeur général de la section belge francophone Philippe Hensmans met à jour jusqu’au 31 janvier un témoignage de 4 jours au pied du mur de la frontière Mexique-USA.
  • Je vous invite à signer la pétition d’Amnesty pour contrer les pratiques suivantes :

Les renvois forcés illégaux de masse de personnes en quête d’asile à la frontière entre les États-Unis et le Mexique;
La détention illimitée et arbitraire de personnes en quête d’asile, sans possibilité de libération conditionnelle, ce qui constitue une forme de mauvais traitement dans certains cas de personnes exposées à des menaces;
La séparation illégale des familles, qui cause de manière délibérée des souffrances extrêmes aux familles en quête d’asile, ainsi que des mauvais traitements qui dans certains cas constituent des actes de torture.

Extrait de la pétition d’Amnesty International à l’attention de Secrétaire du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis – Copie à l’ambassade des États-Unis d’Amérique en Belgique
  • Vous pourriez écouter le podcast Le Centre du Monde, un projet par Binge Audio et Médecins Sans Frontières. Au centre de réfugiés pour mineur•e•s, Julien Cernobori écoute les histoires des personnes qui y travaillent mais aussi ceux et celles qui y sont accueilli•e•s.
  • Enfin, je vous conseille l’épisode Masculinités noires du podcast Les Couilles sur la Table, animé par Victoire Tuaillon qui reçoit Insa Sané (comédien, slameur et écrivain) et D de Kabal (musicien et homme de théâtre). Il est question de virilité bien sûr mais ce qui nous intéresse est le thème des privilèges pour rester en lien avec la chanson Land Of The Free.

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