Breakfast Club

Le petit-déj m’est resté sur l’estomac…

Cela faisait un moment que je voyais ce film me faire coucou en apparaissant sur Tumblr ou tout simplement ici. L’affiche ne me disait rien mais l’avalanche de bonnes notes parmi mes éclaireurs était intrigante. Et comme l’un d’eux en le voyant très récemment l’a fait une nouvelle fois apparaître dans mon fil, je me suis dit « Cette fois, c’est la bonne ! Je me lance ! » J’étais donc assez enthousiaste de le voir.

Je pense que le malaise est malheureusement arrivé trop vite : le personnage du rebelle à grande gueule dès le départ m’a foutue en rogne. Bon, au moins en tant que rebelle, il remplit sa fonction. Par la suite, c’est un enchaînement de dialogues agressifs et gratuits. La vulgarité, ça passe encore. Mais le harcèlement, ça ne me fait tout simplement pas rire.

Qu’on aime ou non la petite princesse du lycée, force est de constater qu’elle s’en prend plein la gueule ! Oui, j’avoue n’avoir eu aucune sympathie pour elle (ni pour les autres d’ailleurs) mais j’ai trouvé intolérable que tous s’acharne contre elle. Ce n’est pas parce qu’on n’aime pas quelqu’un que tout un groupe doit se liguer contre elle… et ne rien dire et laisser faire, c’est de la lâcheté et c’est aussi être complice.

C’est d’autant plus regrettable qu’il y a de vrais passages drôles, sans que ce soit du harcèlement. Par exemple le prof qui renverse son café ou le PQ qui reste coincé dans son pantalon – après ça se trouve ces scènes vous ont laissés de marbre, normal, à chacun son style d’humour.

Ce qui est tout aussi regrettable, c’est que le fond du message est super. Dénoncer la société, les parents, le système éducatif, pas de problème. Dénoncer ce que le regard des autres peut nous faire faire, ok. Attention cependant : c’est notre propre choix qui fait qu’on laisse ce regard dicter nos vies ! Et c’est là que ça devient limite, un peu comme dans Okja de Bong Joon-Ho : on tape sur les institutions mais que fait-on de la responsabilité de l’individu ? Le thème est différent, Okja dénonce l’industrie alimentaire mais le message est le même.

Pour un film voulant balayer les clichés, il en use et abuse. Sans parler de l’image déplorable de la femme qu’on donne, l’une est réputée pour son physique et sa richesse, l’autre parce qu’elle a un grain. Vous me direz que du côté des hommes ce n’est guère mieux, mais il y a au moins un intellectuel ! D’ailleurs, le film joue aussi sur la séparation manuel/intellectuel. Au final, les manuels sont convaincus qu’ils ne peuvent rien et laissent l’intellectuel fournir le travail. J’aurai trouvé plus intelligent que chacun écrive ce qu’il ressent, avec ses propres mots. Mais non, on assiste à la dissolution de l’individu au profit du groupe !

Enfin, l’ultime facepalm est digne de Disney : la « folle » est relookée par la « princesse » Incroyable, elles finissent même par sortir chacun avec « l’élu de leurs hormones » ! Là j’avais envie de m’arracher les cheveux. On cumule plusieurs aberrations :

  • La fille qui finit par aimer le gars qui l’a harcèle parce qu’au fond… « c’est une allumeuse » ouais, du slut-shaming, bien !
  • Le mec kiffe la fille car elle ressemble enfin à une fille, c’est-à-dire selon les critères que s’en fait la société (pomponnée et bien habillée) = plus superficiel tu meurs !
  • La fille flattée de cette attention alors qu’elle n’attirait personne avant se jette sur le premier venu = c’est une blague ?
  • Un film n’est réussi que si la fille est casée, n’est-ce pas, elle ne peut pas avoir de vie en-dehors d’un possible intérêt romantique/sexuel (les mecs étaient bien lourds pour savoir si elle l’avait fait…)
  • Les mecs aussi sont prisonniers d’une certaine image, ils passent tous pour des obsédés.

Bref, je suis vraiment déçue par ce film, il y avait un sacré potentiel pour amener une réelle réflexion.

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Breakfast Club de John Hughes (1985)

Article posté à l’origine sur Senscritique


Note du 3 mai 2020 : j’ai décidé de poster sur le blog les critiques que j’avais posté à l’origine sur Senscritique. Je me contente de copier-coller, je ne touche à rien, histoire de voir comment mes critiques évoluent. Je garde aussi la même date de publication.

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