La La Land / Bla Bla Land

(Je ne sais pas si ce titre a déjà été fait, j’ai la flemme de vérifier…)

Je préviens d’emblée que j’ai détesté le précédent film du réalisateur (Whiplash) et que je n’aime pas l’acteur Ryan Gosling. Je reconnais volontiers que j’ai visionné ce film avec ces points négatifs à l’esprit donc vous êtes avertis que je ne serai pas tendre dans mon avis !

Ces 2h de film ont été plus supportables que Whiplash mais je pense qu’en 1h30 on aurait pu en tirer mieux. La La Land m’a fait l’effet d’un film aseptisé, le genre qui rafle des récompenses en respectant un certain cahier de charges. Ici, on mise sur le côté vintage et nostalgique des comédies musicales Hollywoodiennes, le tout saupoudré d’une histoire d’amour douce-amère. Cela aurait pu fonctionner.
Cependant le film repose entièrement sur le couple, ce qui est un problème majeur puisqu’ils manquent tout deux de charisme. Ceci est un avis personnel mais j’ai trouvé leur prestation très moyenne au niveau du chant. En danse et au piano (pour le personnage de Sebastian), ça allait mais sans être non plus très impressionnant. Ce manque de charisme mais surtout de crédibilité a plombé le film. Je n’ai jamais eu envie d’encourager ce couple, je n’ai pas été attendrie face à leur histoire, du coup je n’ai pas été spécialement triste en voyant le déroulement. J’ai même levé les yeux au ciel lors de leur dispute, car cela semblait si bateau et peu subtile la façon dont on a présenté les enjeux. Damien Chazelle a bien essayé de mettre en exergue des problèmes tels que l’identité de l’artiste, le fait que celui-ci se « vende » pour survivre mais franchement ça ne passe pas. C’est prévisible, peu novateur et pas fin du tout. Il n’y a pas de réelle critique.

Je disais plus haut qu’au niveau chant ce n’était pas terrible, effectivement je n’ai aucunement envie de réécouter l’OST ! Le thème principal n’est pas moche mais comme on nous le sert tout au long du film mais avec quelques variations, ça finit vite par vous soûler. C’est plutôt pauvre musicalement pour un film qui se targue de présenter du jazz… Sans compter que ça ne mérite pas tant que ça l’appellation de comédie musicale puisqu’il y a trop de dialogues parlés et non chantés.

Ajoutez à cela des personnages secondaires vraiment trop secondaires (coucou John Legend), qui font tapisserie tant ils sont à peine développés. Dommage de tout miser uniquement sur Ryan Gosling et Emma Stone – concernant cette dernière, je ne sais pas ce qu’a fabriqué le staff qui s’occupe du maquillage ou de la lumière, mais il y avait des scènes où elle faisait super vieille la pauvre. Heureusement qu’au niveau des costumes c’était réussi, ça a relevé un peu le niveau, avec toutes ces couleurs (même si ça fait très spot publicitaire).

Enfin, dernière pique pour cette longue critique, et pas des moindres, j’ai envie de râler copieusement sur la musique jazz présentée. Désolée mais c’est ce que j’appelle du « jazz de blanc », soit du jazz lissé, plat et fade. C’est tout de même un courant musical qui trouve ses origines auprès de la population noire-américaine (avec un soupçon d’influence venue d’Europe) et je trouve décevant que la musique du film soit aussi impersonnelle. Alors oui, Sebastian a pour modèle le jazzman Thelonious Monk mais c’est réducteur de ne citer que ce dernier car il y a tant d’autres artistes ! Bizarrement, le film présente à 98% une population blanche alors qu’on parle de jazz ; ça ne coûte rien de faire 50-50, non ? (à lire, un article qui critique la vision que La La Land donne du jazz)

Bref, on m’a promis du divertissement, un feel good movie mais je n’ai rien eu de tout cela. Je préfère retourner regarder Across The Universe (des reprises des Beatles distillées avec intelligence, il y a une vraie histoire et chaque chanson redouble de créativité dans sa mise en scène – ma comédie musicale préférée), Moulin Rouge (pour le couple charismatique N. Kidman/E. McGregor), Chicago (du bon spectacle !) ou encore Burlesque (pour la voix fabuleuse de Christina Aguilera).

Marius De Vries, Miles Anderson, Claudine Claudio, David Douglas, Meagen Fay, Jason Fuchs, Ryan Gosling, Damon Gupton, Zoë Hall, Trevor Lissauer, Valarie Rae Miller, Dempsey Pappion, Tom Everett Scott, J.K. Simmons, Terry Walters, Kiff VandenHeuvel, Cinda Adams, Wham!, Emma Stone, Cal Bennett, Jessica Rothe, Finn Wittrock, John Hindman, Rosemarie DeWitt, John Legend, Kaveh Rastegar, Amiée Conn, Josh Pence, Bobo Chang, Thom Shelton, Nicole Coulon, Anna Chazelle, Sonoya Mizuno, Arthur Horowitz, D.A. Wallach, Corrin Evans, Callie Hernandez, Olivia Hamilton, Clifton 'Fou Fou' Eddie, Nedra Wheeler, Nicole Wolf, Briana Lee, Christopher Michael Stevens, Keith Harris, Shaylah J. Stevens, Natalie Imani, Robert Haynes, Camryn Ray Cavaliero, Javier Gonzalez, and Khirye Tyler in La La Land (2016)

La La Land de Damien Chazelle (2016)

Article posté à l’origine sur Senscritique


Note du 3 mai 2020 : j’ai décidé de poster sur le blog les critiques que j’avais posté à l’origine sur Senscritique. Je me contente de copier-coller, je ne touche à rien, histoire de voir comment mes critiques évoluent. Je garde aussi la même date de publication.

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